Journée mondiale de prière
pour la sauvegarde de la création
Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
En ce temps-là, Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il y enseignait, le jour du sabbat. On était frappé par son enseignement car sa parole était pleine d’autorité. Or, il y avait dans la synagogue un homme possédé par l’esprit d’un démon impur, qui se mit à crier d’une voix forte : « Ah ! que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » Jésus le menaça : « Silence ! Sors de cet homme. » Alors le démon projeta l’homme en plein milieu et sortit de lui sans lui faire aucun mal. Tous furent saisis d’effroi et ils se disaient entre eux : « Quelle est cette parole ? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs, et ils sortent ! » Et la réputation de Jésus se propageait dans toute la région.
Il y a des paroles qui ne changent pas grand-chose. On les entend, on les oublie, et cinq minutes plus tard, tout est comme avant. Et puis il y a des paroles qui ont quelque chose de différent : elles nous atteignent, elles déplacent quelque chose en nous, elles nous mettent debout.
Dans l’Évangile, les gens de Capharnaüm sont frappés par l’enseignement de Jésus : « Sa parole était pleine d’autorité. » Et cette autorité, Jésus ne l’exerce pas pour dominer. Il l’exerce pour libérer. Un homme tourmenté par un esprit mauvais est là. Jésus ne discute pas longuement avec lui. Il parle. Et l’homme est délivré. Cela nous dit quelque chose de très profond sur la Parole de Dieu : elle n’est pas simplement faite pour nous informer ; elle est faite pour nous transformer. Saint Paul nous dit aujourd’hui que l’Esprit de Dieu « scrute le fond de toutes choses, même les profondeurs de Dieu ». L’Esprit nous fait donc entrer dans un regard nouveau.
Nous croyons parfois connaître le monde parce que nous savons le mesurer, l’exploiter, le transformer. Mais l’Esprit nous apprend à le recevoir.
Et c’est particulièrement important aujourd’hui, en cette Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création. Car la Création n’est pas un objet posé devant nous. Elle est un don. Le psaume le chante avec une simplicité magnifique : « Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour. Le Seigneur est bon envers tous, sa tendresse est pour toutes ses œuvres. » Toutes ses œuvres. Pas seulement l’être humain. Toute la Création est enveloppée dans la tendresse de Dieu. Voilà pourquoi prendre soin de la Création n’est pas une mode, ni seulement une question de comportement écologique. C’est aussi une question spirituelle : quel regard portons-nous sur ce qui nous est donné ? Le pape François écrivait dans Laudato si’ : « La nature n’est rien d’autre qu’une certaine raison de l’art de Dieu. »
Si le monde est œuvre de Dieu, alors nous ne pouvons plus le regarder comme une simple réserve de matières premières. Une rivière n’est pas seulement de l’eau. Une forêt n’est pas seulement du bois. La terre n’est pas seulement un sol à exploiter.
Une créature n’est pas seulement quelque chose dont nous pouvons disposer. Il y a là une beauté qui nous précède et dont nous ne sommes pas propriétaires. Et peut-être que notre conversion écologique commence moins par une liste d’interdictions que par un émerveillement retrouvé.
Car ce que nous apprenons à aimer, nous cherchons naturellement à le protéger. Jésus, dans l’Évangile, fait sortir l’homme du chaos qui l’habite. Et nous pouvons lui demander aujourd’hui de faire la même chose en nous : de chasser ce qui nous rend indifférents, ce qui nous fait croire que nous pouvons prendre sans limite, consommer sans mesure, jeter sans conséquence. La Création nous est confiée. Dans le récit biblique, Dieu place l’homme dans le jardin « pour le cultiver et le garder ». Pas pour le posséder. Cultiver et garder. Deux verbes qui pourraient devenir aujourd’hui notre manière de vivre. Alors peut-être que cette journée nous invite simplement à retrouver un regard. Regarder un arbre. Écouter un oiseau. Sentir la pluie. Contempler le ciel. Et nous dire : « Tout cela ne m’appartient pas. Tout cela m’est confié. » Alors notre prière ne sera plus seulement une prière pour la Création. Elle deviendra une prière avec la Création. Et peut-être entendrons-nous, dans le silence du monde, cette parole de Dieu qui continue de créer : « Voici, cela est bon. »
Pour ton Église, Seigneur, jardin confié à ton Esprit : qu’elle soit gardienne de la vie, source d’espérance et voix de ceux qui n’ont pas de voix.
Pour notre terre blessée : pour les forêts qui disparaissent, les eaux qui s’épuisent, les terres qui s’appauvrissent, les espèces qui s’effacent ; que nos mains cessent de détruire ce que tu nous as confié et deviennent des mains qui cultivent et qui gardent.
Pour ceux qui souffrent des blessures infligées à la Création : les populations déplacées, les agriculteurs éprouvés, les peuples privés de leur terre et de leur eau ; que leur cri monte jusqu’à toi comme la plainte de toute la Création qui attend sa délivrance.
Pour nous qui sommes ici : ouvre nos yeux à la beauté qui nous entoure ; délivre-nous de l’indifférence et de la démesure, et apprends-nous à vivre simplemen tsous ton regard comme des hôtes reconnaissants de ta maison.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...
Aujourd’hui, Prenons dix minutes dehors, choisissons simplement une créature — un arbre, une fleur, un oiseau, un insecte, même une simple touffe d’herbe — et regardons-la réellement. Puis disons intérieurement : « Seigneur, je te rends grâce pour cette créature qui existait avant moi et qui continuera peut-être après moi. Apprends-moi à la recevoir plutôt qu’à la posséder. »
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